Un plan numérique sans numéraire
Grandes ambitions, minuscule budget. Eric Besson vient de lancer la réflexion autour d’un futur « plan numérique ». Le secrétaire d’Etat a deux mois pour rendre sa copie au président de la République. Objectifs : renforcer le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication en France pour dynamiser la croissance et favoriser l’accès de tous aux nouveaux outils. Comment ? En organisant des « Assises du numérique ». A partir de 27 pistes de travail prédéfinies, mordus de high tech et experts sont invités à discuter et proposer leurs idées. Eric Besson s’en inspirera pour consolider son “plan”. Belle initiative. Oui, mais… « Les finances publiques sont contraintes » affirme le secrétaire d’Etat. Le plan numérique doit donc être “low cost”. Voire ne rien coûter du tout. « Je ne dispose pas de budget pour le plan numérique » avoue Eric Besson. Un problème ? Pas du tout. « A titre personnel », Eric Besson livre une explication : « dans le domaine de la fibre optique ( les « câbles » pour le futur très haut débit, ndlr), quand vous avez un opérateur historique qui a un compte d’exploitation « de qualité » (pour être modeste), faut-il penser en premier à l’Etat pour investir ? Je n’en suis pas convaincu. Il appartient à l’Etat de donner le cap, de fixer les règles du jeu pour que les quatre principaux opérateurs trouvent un cadre juridique » propice aux investissements. L’Etat donne le “la”, le secteur privé paie. Car « nous avons la chance d’être dans un secteur dans lequel l’Etat n’a pas besoin de mettre la main à la poche ». Stratégie pertinente ? Réponse en 2012, date à laquelle le plan numérique doit porter ses fruits.
Boris Cassel
Cet article est extrait d’Economie Matin.
