Inflation : la myopie française expliquée
L’inflation mesurée par l’INSEE est beaucoup plus faible que celle perçue par les Français. Car ce sont les prix des biens achetés très régulièrement qui ont le plus flambé.
« Le consommateur remarque davantage la hausse du prix de la baguette de pain qu’il achète tous les jours, que la baisse du prix (à qualité constante) de l’ordinateur qu’il achète tous les deux à trois ans. » Dans son dossier de synthèse publié fin février, l’institut Xerfi explique la fracture entre l’évolution des prix perçue par les Français et celle mesurée par l’INSEE. Oui, la mesure officielle de l’inflation reflète la réalité. Non, les consommateurs ne sont pas myopes. La valse des étiquettes a bien eu lieu. Mais elle a été concentrée sur les produits les plus régulièrement achetés par les consommateurs.
En janvier 2008, l’inflation officielle s’est élevée à 2,8% sur un an. Un niveau jamais atteint depuis mai 1992. Mais un chiffre bien pâle face aux augmentations perçues par les Français. Pour comprendre ce décalage, Xerfi a découpé l’indice des prix en trois indicateurs. Les deux premiers mesurent l’évolution des prix des produits dont la fréquence des achats est « basse » (mobilier, audiovisuel etc.) ou « moyenne » (habillement, santé, eau, électricité, voyages etc.). Le dernier mesure l’inflation des biens et services dont les achats sont opérés à « haute fréquence » (un ou plusieurs par mois). Il contient l’alimentaire, le logement ou encore le transport. Et, selon Xerfi, ce dernier constitue « une bonne estimation de l’inflation perçue par les ménages via leurs achats fréquents.»
Faible progression du pouvoir d’achat
Premier enseignement de cette étude : « L’inflation concernant les achats à « haute fréquence » a été systématiquement supérieure à l’inflation totale depuis le début des années 1990. » Xerfi note une forte accélération du prix de ces biens depuis septembre 2007. En cause, « la forte hausse des cours du pétrole et des matières premières agricoles », en partie répercutée par les industriels et les distributeurs sur le consommateur (voir ci-dessous). Tirées par une demande mondiale qui explose, de mauvaises conditions climatiques et une spéculation qui « amplifie plus qu’elle ne génère » les variations, « les matières premières agricoles n’ont jamais été aussi chères. » Le cours mondial du blé (coté à Chicago) a quasiment doublé en un an (+ 98%). Le prix du soja a grimpé de 80%. Les produits à haute fréquence d’achat représentent 45% du panier du consommateur, selon l’INSEE. Leurs fortes augmentations sont contrebalancées par des baisses de prix sur les produits à « basse fréquence d’achat » (- 0,4% en moyenne sur l’année 2007);
Deuxième mise en perspective : « le pouvoir d’achat des ménages, en termes de biens à haute fréquence d’achat, a beaucoup moins progressé que le pouvoir d’achat officiel (+1,4% par an contre +2,5%, entre 2000 et 2007). » Les Français ne sont pas complètement myopes.
Boris Cassel
Encadré :
Les industriels se sucrent-ils au passage ?
Les industriels et distributeurs ne profitent pas de la montée des prix des matières premières pour gonfler leurs marges. Du moins, pas dans l’alimentaire, conclut Xerfi. Depuis un an, la hausse des prix agricoles (+19,7%) s’est répercutée sur les prix des industriels (+8,5%). Un écart jugé « cohérent » car « les matières premières représentant un peu moins de 50% du chiffre d’affaires de l’ensemble des entreprises de l’agroalimentaire ». Sur le ticket de caisse, « aucun véritable dérapage n’est enregistré » (+3,2%). Xerfi affirme qu’à «chaque étape de la filière, les différents intervenants (grossistes, industriels, distributeurs) encaissent une partie de la flambée. » Pourtant, entre 1995 et 2007, les prix de l’alimentaire ont progressé de 23,7 % contre 11,5 % pour les prix agricoles et 17,7% pour les prix à la production. Sur les douze dernières années, industriels et distributeurs ont donc bien augmenté leurs marges…
Salut “bobo” voici une phrase avec notamment une citation sur laquelle je me pose encore des questions….:
“Tirées par une demande mondiale qui explose, de mauvaises conditions climatiques et une spéculation qui « amplifie plus qu’elle ne génère » les variations, « les matières premières agricoles n’ont jamais été aussi chères. »”
Donc si je comprend bien les pauvres spéculateurs eux ne font que profiter mais en aucun cas il ne peuvent provoquer des variations en se basant sur du vent, non il y a certainement Saint Cac40 qui le fait a leur place… Bonne conscience, Bon marché….
Merci de ta réponse.
lameculos del patrone
17 mars, 2008 à 9:15